il y a des volcans qui meurent
il y a des volcans qui demeurent
il y a des volcans qui ne sont là que pour le vent
il y a des volcans fous
il y a des volcans ivres à la dérive
il y a des volcans dont la gueule émerge de temps en temps
véritables chiens de mer
il y a des volcans qui se voilent la face
toujours dans les nuages
il y a des volcans vautrés comme des rhinocéros fatigués
dont on peut palper la poche galactique
il y a des volcans pieux qui élèvent des monuments à la gloire des peuples disparus
il y a des volcans vigilants
des volcans qui aboient
montant la garde au seuil du Kraal des peuples endormés
il y a des volcans fantasques qui apparaissent et disparaissent
(ce sont jeux lémuriens)
il ne faut pas oublier ceux qui ne sont pas les moindres
les volcans qu’aucune dorsale n’a jamais repérés et dont la nuit les rancunes se construisent
il y a des volcans dont l’embouchure est à la mesure exacte de l’antique déchirure.
Aimé Césaire
Ce nom remonterait à l’époque où les Merina voulaient étendre leur territoire, aux environs de 1820. Sous le joug de ces envahisseurs, le roi Betsileo de la vallée se réfugia avec son peuple dans les montagnes. Ils trouvèrent alors abris dans une grotte et en fermèrent l’entrée par de grosses pierres. Après quelques mois les vivres furent épuisées, le roi envoya donc ses deux sœurs Ratsara et Ranoro pour faire le ravitaillement dans la vallée. Elles remontèrent beaucoup plutôt que le jour prévu et trouvèrent la grotte fermée. Malgré tous leurs efforts pour se faire entendre, personne ne vint leurs ouvrirent. Après plusieurs jours le roi sortit et trouva les deux sœurs mortes de soif. C’est alors que le roi décida en leur honneur de baptiser le plus haut massif de la vallée, Tsaranoro. Et depuis, il est interdit de parler le dialecte Merina dans la forêt sacrée au pied du Tsaranoro.